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Le Festival de Montier-en-Der se tire-t-il une balle dans le pied ?

  • Photo du rédacteur: Quentin Zinzius
    Quentin Zinzius
  • 18 nov. 2019
  • 3 min de lecture


Alors que la 23ème édition du festival connait comme chaque année un franc succès, une question se pose. Quelle place occupe la chasse dans ce festival ? En effet, alors que l’organisation se tourne résolument vers la protection de l’environnement, la présence dans les allées d’un stand tenu par la Fédération de Chasse, dérange les associations de protection de la nature.

Les images d'animaux du monde entier attirent chaque année de nombreux visiteurs.

L’événement est de grande ampleur : 40 000 visiteurs en 4 jours, pour 250 exposants répartis sur 7 sites le long du lac du Der. Une telle visibilité est vue comme une bénédiction par les associations, venues en nombre pour promouvoir leurs actions. Les photographes se prêtent au jeu des dédicaces et des photos quand, à tour de rôle, les invités animent des conférences sur les différents sites.



Une présence contestée

C’est dans un coin du chapiteau que l’ambiance se gâte. Côte à côte, le stand de l’ASPAS (Association de Protection des Animaux Sauvages) et celui des Chasseurs du Grand-Est ne s’échangent ni mots, ni regards. « Ils sont là pour redorer leur blason », affirme Rémi Collange, chargé de communication pour l’ASPAS.

Le stand de l'Association pour la Protection des Animaux Sauvage lors du festival.
« Ce stand ne reflète pas leur vraie image, on ne voit pas les animaux tués, blessés, les renards piégés ».

En effet sur leurs murs, pas de fusils ou de trophées. De grandes photos d’animaux vivants, associées à des ateliers pour les enfants, font du stand un endroit accueillant. Un peu plus loin, une représentante du Collectif Renard Grand Est commente à voix basse. « On évite de rentrer en conflit avec eux, on ne fait pas le poids ».


Une défense bien rodée

Le stand de la Fédération des Chasseurs du Grand-Est lors du festival.

Mais les chasseurs ne se laissent pas abattre. Christophe Pagniez, de la fédération des chasseurs de Haute-Marne, appuie leur présence. « Les chasseurs défendent les milieux, sans nous il n’y aurait plus rien ». Avec la plantation de 40 kilomètres de haies dans le département, qui servent de refuge à de nombreuses espèces, la fédération affirme être un acteur dans la protection de l’environnement. Il évoque également la cohabitation avec les photographes. « On est souvent démarché […] à part quelques extrémistes, il n’y a que très très peu de conflit ».


Un lobby puissant

Les associations ne sont pas les seules à contester cette présence. Certains visiteurs et photographes se sentent abusés. Amandine Boyaval et Gwendoline Seguy, deux photographes originaires de Picardie et en visite sur le festival témoignent. « On a été surprises. C’est très accès sur l’enfant […] ce n’est pas ce que la chasse représente en vrai […] c’est ludique et hypocrite ». Pour elles, les actions mises en place par la chasse pourraient être réalisées par n’importe quelle association, avec les mêmes moyens. « C’est un lobby très influenceur » concluent-elles.

Interrogés sur la question, Adrien Favre et Lionel Prado, photographes et réalisateurs professionnels ont eux aussi un avis tranché. « En France la chasse est devenue un loisir […] On chasse avec des armes de guerre aujourd’hui […] les animaux ont aucunes chances ». Malgré sa position anti-chasse, Adrien Favre reste résolument optimiste, en privilégiant le dialogue au rejet pur et simple.


« Même si on ne pense pas comme eux, c’est en échangeant de manière constructive qu’on va avancer et qu’on arrivera à faire bouger un peu les choses ».

En 2018 en France, La Fédération Nationale des Chasseurs comptait environ 1,2 millions de pratiquants dans ses rangs, et décrit l’activité comme le « 3ème loisir préféré des français ». Un loisir revendiqué donc, dans un festival où l’animal tient la place principale.

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ZINZINULER

[Verbe] : chanter, gazouiller.

Désigne le petit cri d'une mésange, d'une fauvette.

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